PURE FORME DE TRAVAIL DES ENFANTS, VIOLS SUR MINEURES, GROSSESSES:
LES MOTS SOCIAUX DONT SOUFFRENT LES ENFANTS DE KOLDA
LA RADDHO INQUIETE DU PHENOMENE GRANDISSANT
La rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) antenne Vélingara reste anxieuse par rapport à l’exploitation dont sont victimes des enfants mineurs dans la région de Kolda. Dans cette localité réputée par sa pauvreté, on retrouve des enfants âgés entre 11 et 15 ans dans tous les secteurs de la vie entrain de vendre leurs biceps pour apporter à leur famille respective une meilleure survie. Les conséquences sont connues. Souvent ils ont une santé dégradée. Et les filles mineures quand à elles sont confrontées à toute sorte de crime sexuelle, incestes, viols et grossesses précoces de la part de personnes malveillantes. Le record pour le dernier cas est battu dans les Cem de Vélingara où l’inspection départementale de l’éducation a enregistré pour l’année scolaire 2010-2011, 63 cas de grossesses et 9 mariages officiels. Sans compter les dégâts du genre notés dans les écoles élémentaires et les lycées du Fouladou.
Beaucoup d’efforts ont été menés par des organisations non gouvernementales, des associations pour la défense des droits des enfants et par le gouvernement du Sénégal pour freiner les pures formes de travail des enfants. Mais le constat est que l’on n’a pas encore les résultats escomptés dans la région de Kolda. Zone réputée très pauvre, dans cette région située au sud du pays le droit ne l’enfant n’est pas reconnu par les parents. Ces derniers qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts pour des familles pléthoriques se déchargent sur leurs rejetons qui viennent en appui dans certains besoins vitaux. Pour cela, ces enfants mineurs se plongent volontairement ou viscéralement dans un décor indescriptible. « Pour gagner un peu d’argent à ramener à la maison, je vais dans les poubelles à la recherche de chaussures plastiques à recycler ou du fer » nous a confie un mineur de 14 ans. Les autres enfants de son âge qui s’accompagne avec le petit O Diallo ont souffrent la même douleur que ces derniers. Dans la région de Kolda, il a été noté beaucoup d’activités qui entrent dans la stratégie de survie des familles par des enfants. « on les retrouve partout entrain de vendre des arachides, de la crème glacée, des articles divers, du bois mort, des sachets d’eau…sous un soleil de plomb A REGRETT2 Amadou Dieye Sow coordonnateur de la Raddho antenne Vélingara. A l’en croire, « la plupart de ces enfants exploités viennent des villages aux alentours de la ville de Vélingara ou de Kolda et dans les marchés hebdomadaires comme Diaobé et Saré Yoba Diéga ». Pour des villages comme Djimini qui se situent à 1 km de la commune de Vélingara, « les enfants sont pour la plupart des charbonniers. Ils abandonnent l’école pour cette activité afin de subvenir aux besoins de la famille » se désole M Sow. Qui ajoute « la situation est grave pour ces enfants abandonnés ». Les mineurs évoluant dans les ateliers de menuiserie par exemple se retrouvent avec une santé dégradante. « en broyant le bois avec les machines les enfants apprentis aspirent de l’air impure. Cela occasion l’apparition de graves maladies pulmonaires » s’alarme Amadou Dieye Sow.
Grossesses, incestes et autres abus sexuels des filles mineures : les parents indexés
Les domiciles des parents ne rassurent guère l’éducation et la protection des droits des filles, notamment mineures dans les foyers. Dans ce cercle familial africain, les tabous ont toujours leur poids social. « C’est regrettable, mais la vérité est que si les filles souffrent de trop d’abus sexuels. Des habitudes néfastes que les parents refusent de dénoncer. Leurs enfants sont violées et engrossées par des personnes malveillantes qui brisent ainsi la carrière de ces mineures » se lamente le patron de la Raddho, antenne Vélingara. Notre interlocuteur d’ajouter « nous vivons actuellement une dégradation des mœurs et une véritable crise de valeurs sociales. Et les parents sont en partie responsables de cette triste situation que vivent ces enfants ». Dans la région de Kolda, les cas de viol sur des enfants sont multiples. « Entre mars et juin, nous avons géré 5 ans de viol sur des enfants de moins de 12 ans. Il y a eu des abus sexuels portés sur une fille de 8 ans en classe de Cp, une fille âgée de 10 ans, une autre de 12 ans et deux de 15 ans » nous confie une source proche de la gendarmerie de Vélingara. A partir de ce nombre qui fait déjà froid au dos, il y a des cas qui ont été réglé à l’amiable entre les bourreaux et les parents des victimes. « Souvent des parents ne veulent pas dévoiler le visage du mis en cause. Ils préfèrent étouffer le crime sexuel à l’honneur de la famille » dénonce M Sow pour qui il est désormais nécessaire de briser le mur du silence. Ce qui inquiète plus aujourd’hui avec les abus sexuels, ce sont les cas d’inceste que l’on note maintenant dans le Fouladou. « Nous avons réglé le cas d’une fille de 12 ans qui a été engrossée par son propre géniteur. D’ailleurs elle a accouché les temps dernier au village de Médina Samba Kandé dans la commune de Diaobé-Kabendou » a regretté Boubacar Fofana coordonnateur de Child protect à World vision Vélingara.
Collèges de proximités, nids de filles engrossées.
Partout dans le monde rural et dans les quartiers des communes on compte des collèges de proximité. La politique de rapprochement des élèves à leur famille respective n’est pas restée sans grande conséquence. Le comble, on en dénombre des dizaines de grossesses chaque année dans les collèges d’enseignement moyens et dans les lycées. Au total pour l’année scolaire 2010-2011, l’inspection départementale de l’éducation de Vélingara qui a suivi le comportement des collégiennes dans 18 Cem a enregistré 63 cas de grossesses précoces sur 3815 collégiennes dont les 9 filles sont déjà mariées. Non sans énumérer les autres cas de grossesses dans les écoles élémentaires et les lycées du département de Vélingara. Pour le seul Cem de Ouassadou, localité située à la Guinée Bissau, il est noté 20 cas de grossesses en 9 mois. « Nous sommes sidérés en constatant que des filles à peine pubères, reviennent des écoles avec des vices telles que des grossesses et des viols » déplore Amadou Dièye Sow. A l’en croire, beaucoup d’efforts ont été consentis dans ce sens par des partenaires aux écoles et le gouvernement du Sénégal, mais la constante est que le mal est toujours là. Dans la région de Kolda, ont pointé généralement les enseignants comme étant les engrosseurs de leurs potaches. Accusés de tord ou à raison, des enseignants auteurs de grossesse sont parvenus à étouffé le crime à l’amiable vidant leur compte bancaire de toutes ses économies à la famille de la victime. Mais cette tendance a considérablement régressée à cause de la rigueur des responsables des établissements et des inspecteurs qui ont pris des mesures idoines envers ces enseignants qui brise la mésaventure de leurs élèves pour un problème sexuel. Aujourd’hui, ce sont des élèves qui font le jeu entre eux et des villageois qui sont indexés. La palme revient à la région de Kolda où l’on dénombre chaque année plus d’une centaine de filles victimes de grossesses dans les établissements. « Cette année, nous sommes témoin d’un fait triste. Deux sœurs de même père même mère ont été engrossées au village de Teyel par un jeune garçon. Dans cet établissement, il y a cette année une quinzaine de filles enceintées. Nous ne comprenons plus les raisons de ce phénomène» lance le responsable local de la raddho de Vélingara. C’est dire que ce phénomène à fini de travestir l’environnement scolaire où des collégiennes et lycéennes trainent de plus en plus des grossesses. Selon bon nombre de personnes, l’ampleur d’un tel fléau est imputable aux parents qui sont très peu regardants sur les accoutrements impudiques de leurs filles.
Contre les grossesses et mariages précoces à l’école, les Ong engagent le combat
Médicos Del Mundo, le centre adolescents, le projet Child protect, l’ong World vision, le comité pour la promotion et la scolarisation des filles et d’autres associations s’illustrent dans la lutte contre les abus sexuels et les pures formes de travail des enfants, notamment des filles dans la région de Kolda. Pour remédier à cette lamentable situation, ces partenaires ont entrepris une batterie de stratégies. « Contre les grossesses et les mariages précoces, nous avons mis sur pied un comité départemental de protection des droits des filles victimes de viol et d’abus sexuels. Ce dispositif qui implique la gendarmerie, le district sanitaire, le comité départemental pour la promotion et la scolarisation des filles a retenu des codes de conduite dans chaque établissement et au niveau communautaire pour d’éventuelle alerte et des sensibilisations tous azimuts à mener dans les différentes localités » a expliqué Boubacar Fofana. Mais, même avec ce dispositif, les ong et association n’ont pas réussi à cent pour cent à cause d’un certain manque de collaboration des parents. « Nous sommes entrain de mener le combat partout où l’on soupçonne des cas de viol, de grossesses et de mariages précoces. Seulement, c’est le suivi qui fait défaut à cause du manque de preuves sur le mis en cause. Et si ces preuves existent, souvent elles ne sont pas trop solides » soutien Boubacar Fofana.
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